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Comment se passe une première séance chez un.e psychanalyste ?

Photo du rédacteur: Laurence.Bieque
Laurence.Bieque
30 sept.
4 min de lecture
Espace de consultation épuré dans une lumière douce, évoquant l'accueil de la première séance chez un psychanalyste

Franchir la porte d'un cabinet de psychanalyse pour la première fois n'est pas un acte anodin. On y arrive avec ses questions, ses appréhensions, parfois ses préjugés sur ce qui va se passer. Et souvent, une question centrale : qu'est-ce qu'on attend de moi ?

Pour faire court, je vous dirais : rien de particulier. Plus en détails, voici quelques ressorts de la première séance.


Avant la séance : la prise de contact

Tout commence par un premier contact, par téléphone ou par mail. Ce moment est déjà thérapeutique : elle pose un acte. Formuler sa demande, même brièvement, c'est déjà commencer à la mettre en mots.

Ce premier échange permet de convenir d'un rendez-vous et, si vous le souhaitez, de poser quelques questions pratiques avant de vous déplacer. Il n'engage à rien.


À votre arrivée

La première séance dure généralement une heure mais elle est parfois un peu plus longue qu'une séance de suivi, parce qu'elle a une fonction particulière. Elle n'est pas encore une séance de travail analytique à proprement parler. Elle est une séance de rencontre, la rencontre de nos inconscients.

Vous êtes reçu dans un espace neutre, conçu et aménagé afin que vous puissiez vous sentir suffisamment en sécurité pour parler. Rien dans le décor ne cherche à impressionner ou à intimider. Il pose les limites, celle d'un espace de liberté mis à votre disposition.


Ce qui se passe pendant la séance

La première séance est un espace d'écoute libre. Il n'y a pas de questionnaire à remplir, pas d'anamnèse systématique à compléter, pas de protocole imposé.

Vous pouvez commencer par ce qui vous amène, ce qui vous a décidé à consulter, ce que vous traversez, ce que vous espérez, ou simplement ce qui vous pèse en ce moment. Vous pouvez aussi ne pas savoir par où commencer, et le dire. C'est un point de départ comme un autre.

Le rôle du psychanalyste dans cette première rencontre est d'abord d'écouter, écouter vraiment, sans interrompre, sans orienter, sans juger. Cette qualité d'écoute, différente de celle de l'entourage, est souvent ce que les patients retiennent de leur première séance.

Des questions peuvent être posées, ponctuellement, pour mieux comprendre votre situation ou préciser certains éléments. Elles ne visent pas à collecter des informations mais à approfondir ce que vous exprimez.


Ce que la première séance permet d'évaluer

À l'issue de cette première rencontre, plusieurs choses peuvent être évaluées ensemble :

  • Ce qui vous amène : la nature de votre demande, ce que vous souhaitez travailler, ce qui vous pèse ou vous questionne.

  • La forme d'accompagnement la plus adaptée : thérapie de soutien, psychothérapie analytique, cure analytique, sexothérapie. La première séance permet souvent de discerner quelle approche correspond le mieux à votre situation et à vos objectifs.

  • La question de l'allongeabilité : pour une cure analytique spécifiquement, les séances préliminaires permettent d'évaluer si le dispositif du divan est adapté à votre structure psychique. Ce n'est pas une condition pour toutes les formes de thérapie, mais elle est essentielle pour l'engagement dans une cure.

  • Le lien thérapeutique : la relation entre le patient et l'analyste est au cœur de tout travail psychique. La première séance donne à chacun la possibilité de sentir si quelque chose peut se construire entre nous.


Ce que la première séance n'est pas

La première séance ne ressemble pas à ce que le cinéma en montre. Elle n'est pas un interrogatoire. Elle n'est pas non plus une séance d'hypnose, ni une consultation où le praticien va vous donner des réponses ou des solutions.

Elle est un espace de parole : le vôtre, avant tout.

Et contrairement à ce que beaucoup craignent, vous n'êtes pas obligé de tout dire dès la première fois. Ni de parler de votre enfance, ni d'aller chercher des souvenirs douloureux. La première séance, c'est simplement un premier pas, à votre rythme, depuis l'endroit où vous êtes.


Et si la séance ne vous convient pas ?

La première séance n'engage à rien. Si, à l'issue de cette rencontre, vous sentez que le courant ne passe pas, que l'approche ne vous correspond pas, ou que vous avez besoin de temps pour réfléchir, c'est tout à fait légitime.

La relation thérapeutique repose sur un choix libre des deux parties. Consulter plusieurs praticiens avant de s'engager dans un suivi est une démarche sensée, pas un affront.


Après la première séance

Si la rencontre s'est bien passée et que vous souhaitez poursuivre, un rythme de séances est défini ensemble, généralement une fois par semaine pour commencer. Les modalités pratiques (durée, fréquence, tarif) sont abordées simplement, sans détour.

Ce qui compte à ce stade, c'est que vous repartiez avec le sentiment d'avoir été entendu, et avec suffisamment d'espace pour décider librement de la suite.


Laurence Bieque | Psychanalyste, praticienne en psychothérapie et sexothérapeute à Albi


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