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Deuil et thérapie : accompagner ce qui ne passe pas

  • Photo du rédacteur: Laurence.Bieque
    Laurence.Bieque
  • 18 juin
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 juin

Flamme au creux de mains plogée dans le noir évoquant la solitude liée au deuil

Le deuil est l'une des expériences les plus universelles et les plus solitaires qui soient. On perd quelqu'un ou quelque chose — un proche, un enfant, un emploi, une relation, un animal — et le monde continue de tourner comme si rien ne s'était passé. Comme si la perte n'avait pas tout changé.

Il n'existe pas de bonne façon de vivre son deuil, ni de délai raisonnable. Et surtout, il n'existe pas de hiérarchie dans la souffrance inhérente à toute perte.


Tout deuil n'appelle pas une thérapie

Il est important de le dire d'emblée : le deuil est un processus normal, que la plupart des personnes traversent sans avoir besoin d'un accompagnement professionnel. Pleurer, être en colère, se sentir vide ou anesthésié, ne plus avoir goût à rien... Ce sont autant de réactions humaines, légitimes, qui font partie du processus.

Consulter n'est ni une obligation ni un signe que l'on "ne s'en sort pas". Certains deuils s'éprouvent avec le soutien de l'entourage, du temps, et de la vie qui reprend ses droits. C'est une issue tout aussi valable.


Mais certains deuils résistent

D'autres deuils, en revanche, ne s'allègent pas. Ils s'installent, se figent, ou restent en suspens ; parfois parce que la perte était violente ou soudaine, parfois parce que la relation au disparu était complexe, parfois parce que ce deuil-là en réveille d'autres, plus anciens, jamais vraiment traversés.

Il arrive aussi que le processus de deuil ne parvienne pas à s'ouvrir, non par manque de volonté, mais parce que quelque chose dans l'histoire du sujet, dans son rapport à la perte, rend ce travail particulièrement difficile. Un accompagnement thérapeutique peut alors aider à créer les conditions pour que ce processus puisse enfin se mettre en mouvement.


La souffrance ne se mesure pas au regard des autres

C'est un point essentiel : la légitimité d'un deuil ne dépend pas de la façon dont les autres le perçoivent.

La perte d'un animal de compagnie peut être aussi dévastatrice que la perte d'un être humain ; et pourtant, elle est souvent minimisée, voire parfois moquée. La perte d'un emploi peut entraîner un effondrement identitaire profond, que l'entourage peine à comprendre. Le deuil d'une relation qui n'a jamais existé comme on l'espérait (un parent absent, une amitié brisée, un enfant que l'on n'a pas eu...) peut être tout aussi douloureux qu'une perte tangible.

Ce que vous ressentez vous appartient. Si vous souffrez, cette souffrance est réelle, qu'elle soit comprise ou non par ceux qui vous entourent.


Quelques signaux qui nécessitent votre attention

Certaines situations peuvent indiquer qu'un accompagnement serait utile :

  • La douleur ne s'allège pas et reste aussi vive dans la durée

  • Vous vous isolez progressivement de votre entourage

  • Vous n'arrivez pas à reprendre le fil de votre vie : travail, relations, projets...

  • La culpabilité, la colère ou la honte prennent une place envahissante

  • Vous ressentez une anesthésie émotionnelle, une incapacité à ressentir ou à pleurer

  • Ce deuil en réveille d'autres, plus anciens, qui n'avaient jamais été traversés


Quelle forme d'accompagnement ?

La thérapie de soutien

Elle offre un espace d'écoute bienveillant, sans attente particulière, où l'on peut dire ce qui ne peut pas se dire ailleurs : la colère contre le disparu, la culpabilité, l'incompréhension face à la réaction des autres. Elle soutient et accompagne sans nécessairement engager un travail en profondeur.

La psychothérapie analytique

Lorsque le deuil s'inscrit dans une histoire plus complexe, une relation conflictuelle avec le disparu, un deuil qui réactive des blessures plus anciennes, ou une souffrance qui résiste, une psychothérapie analytique peut s'avérer plus adaptée.

La psychanalyse

Pour certaines personnes, un deuil est le point de départ d'une démarche analytique plus large. La perte peut être l'occasion douloureuse d'un retour sur soi et d'une compréhension plus profonde de son rapport à la perte et à l'autre.


Le deuil périnatal : une souffrance invisibilisée

Le deuil périnatal (fausse couche, interruption médicale de grossesse, mort fœtale in utero, perte d'un nourrisson) est un deuil à part entière. Mais c'est aussi un deuil profondément invisibilisé.

Pas seulement parce qu'il est méconnu, mais parce qu'il fait peur. À l'entourage, qui ne sait pas quoi dire face à une perte que la société peine à nommer. Aux professionnels de santé eux-mêmes, dont les réactions maladroites ou l'esquive trahissent parfois les représentations inconscientes que la mort périnatale soulève. En effet, la mort d'un enfant avant même que sa vie ait commencé bouleverse quelque chose de fondamental dans notre rapport à la vie, à la filiation, à l'espoir.

Le résultat est cruel : ceux qui vivent ce deuil se retrouvent doublement seuls. Seuls face à leur douleur, et seuls face à l'incompréhension, voire au silence, de ceux qui les entourent. Cette invisibilisation aggrave la souffrance et peut conduire à une forme de déni imposé, où l'on est contraint de "faire comme si" alors que rien n'est comme avant.

C'est un deuil qui isole, à tous les niveaux. Et c'est précisément pour cela qu'il mérite un espace dédié, où il peut enfin être reconnu, nommé et apaisé. Je reçois en consultation les personnes confrontées à cette expérience, individuellement ou en couple.


Se faire accompagner

Consulter pour un deuil, ce n'est pas "passer à autre chose". C'est prendre soin de soi dans un moment où l'on en a besoin. Et souvent, c'est aussi la meilleure façon d'honorer ce que l'on a perdu ou ce que l'on n'a pas pu connaître.

Si vous souhaitez en parler, je suis disponible par téléphone ou par mail. Une première prise de contact, sans engagement, est toujours possible.


Laurence Bieque | Psychanalyste, praticienne en psychothérapie et sexothérapeute à Albi


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